Mes lectures

Au fond de l’eau de Paula Hawkins

Une auteur qui confirme son succès ! 

 

Edition : Sonatines / Auteur : Paula Hawkins / pages : 407/ Traducteurs : Corinne Daniellot et Pierre Szczeciner/ prix : 22 euros

 

Un deuxième roman, nouveau thriller psychologique finement abouti. On y retrouve tout ce qui avait fait le succès de la fille du train à quelques petits défauts près.

Paula Hawkins parle des femmes et encore des femmes, mais au travers, cette fois de plusieurs point de vues. C’est une communauté, un village qui font office de référents. Tout y passe de la mère à l’enfant, de la femme à l’homme. À chaque chapitre, un nouveau personnage clé. Tout, tournant autour d’un sujet des plus glauques, les noyés du lac. Suicide, meurtre, procès de sorcellerie, ce lac les as toutes accueillis. L’eau nous appelle dans ses abîmes qui trouvons-nous ? Je vois vos bobines impatientes ! Non ?

Julia rentre dans sa ville natale après une annonce dès plus déroutante. Sa sœur, Nel, avec qui elle est en froid depuis bien longtemps, est morte. Troublée, elle accueille d’abord la nouvelle avec scepticisme. Sa sœur s’est suicidée ? Impossible. De retour dans une ville qu’elle a fui, en plein deuil et maintenant en charge de sa nièce Léna, Julia perd pied. Elle ne comprend pas ce qui a poussé Nel a sauté. Qu’avait-elle voulu lui dire au téléphone ? Sa sœur, passionnée par le lac aux noyés, écrivait un livre sur toutes celles qui avait rencontré ces eaux noires. Avait-elle fait remonter à la surface des secrets ? N’y tenant plus, elle se lance sur la piste de sa sœur et tente de la comprendre, elle, qui l’a toujours fui. Nel, Lena, Julia et bien d’autre se retrouvent confrontés au deuil, à la perte et à l’incompréhension d’un acte tel que le suicide. Léna protège un secret, Julia tente de fuir un passé qui ne cesse de s’imposer à elle et Nel fascinée par le fond de l’eau se retrouve prise au piège avec elle-même et ses actes. Tout ceci est-il lié à sa tragique disparition ?

Parfois après une grosse pluie la rivière déborde. Elle avale la terre, la retourne et met au jour ce qu’on pensait perdu […] Des choses importantes et des choses insignifiantes. Et ce n’est pas grave le monde est ainsi fait, la rivière est ainsi faite. Elle peut fouiller dans le passé et recracher sur la berge ce qu’elle a exhumé aux yeux de tous. La rivière le peut, mais pas les gens. Pas les femmes. Quand on se met à poser des questions et à placarder des annonces dans les magasins et les pubs, quand on commence à prendre des photos, à entrer en contact avec des journaux et à s’interroger sur les sorcières, les femmes et les âmes perdues, ce n’est pas des réponses que l’on cherche, mais des ennuis.

Paula Hawkins a le don pour nous parler des femmes torturées. Toujours omniprésentes et déstabilisantes, ces femmes aux caractères bien trempés parfois trop curieuse, suscitent de vive réactions. On les juge, on les prend en pitié, on les déteste et on les aime toutes à la fois. Fragiles et fortes, tourmentées et déterminées, elles ne lâchent rien. Loin d’être parfaite, elles ont toute commis un impair. Cependant, le thème principal est habilement traité. Le suicide est abordé sous l’aspect d’une famille. Le père, la mère et le jeune garçon. Avec ces trois points de vue différents, on peut englober toute la peine que la perte d’un enfant peut infliger à ses proches. Un besoin viscéral  pour la famille de comprendre et de trouver un coupable pour expliquer un geste. L’amitié, la violence conjugale, les relations fraternelles, la mémoire refoulée, les malentendus, les non-dits, les gestes manquants, c’est un roman multiple, qui aborde plusieurs thèmes psychologiques. Des thèmes qui se mêle pour aboutir de révélation en révélation à un final encore bien loin de notre imagination. Le roman joue sur cette surface plane de l’eau qu’un caillou vient provisoirement onduler et pénétrer dans ses couches inférieures. Une surface tranquille en apparence, mais que se tapit-il au fond de nous ?



Avis : 

Ce n’est pas le coup de foudre comme avec son prédécesseur, mais c’est un bon thriller. Le rythme est lent, c’est à l’image de l’eau. En surface,  l’écriture tranquille nous pousse à nous tromper alors qu’en amont,  il se passe énormément de chose. Les personnages bouent de l’intérieur, ils sont rongés par un mal qui ne sait comment remonter à la surface pour respirer. Julia donne l’impression de suffoquer, elle ne comprend pas, et refuse de se voir tel qu’elle est ou qu’elle l’était. C’est un roman troublant. Un lac où des femmes ont été exécuté pour sorcellerie devient le théâtre de meurtre et de suicide en tous genres.  Le centre de l’intrigue, un nœud énigmatique et envoûtant. Comme si les sorcières appeler de leurs chants, les femmes de cette ville à venir les rejoindre. Une atmosphère lugubre qui explose à la fin, une poussée vers le fond, un pied vers la surface.

Alors, « Pourrez-vous remonter à la surface » ?

Si vous avez aimé la fille du train vous aimerez également celui-ci ! Laissez vous sombrer dans ce livre !

 

Mes sincères salutations automnales !

 

 

 

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