Mes lectures

Chantal Thomas, l’échange des princesses

Une enfance instrumentalisée aux services de ces messieurs des « Hauts »

Edition : Seuil ou points / pages : 312 / prix : 7,40 euros 

Il y a deux ans, mes yeux se sont posés sur cet ouvrage et je suis naturellement rentrée chez moi avec ledit livre sous le coude ( car je n’ai pas beaucoup de retenu concernant mes envies livresques). Je me souviens, avoir vu, peu de temps avant cela, le film Les adieux à la reine, que j’avais bien aimé. Je me suis donc, laissé tenté par le troisième roman de Chantal Thomas. Voulant ainsi découvrir la plume qui se cacher derrière ce film. Et cette lecture fut une petite déception.

Paru en 2002, ce livre historique nous entraîne dans le 17e siècle au côté du « bien-aimé » Louis XV. Cependant, le roi-enfant n’est pas le royal protagoniste de ce récit. Deux jeunes princesses se retrouvent projetées sur les devants des hautes sphères, devenant ainsi, le sujet phare du récit. Pour Philippe d’Orléans, régent de l’enfant-roi, l’idée est brillante, excellente voire même grandiose. Un échange. Afin de mettre un terme au conflit entre l’Espagne et la France, le régent orchestre, non sans une pensée pour son profit personnel, deux mariages. Un projet fou mais audacieux. Son plan, marié le jeune Louis XV à la très jeune infante d’Espagne Marie-Anne Victoire, âgé de seulement 4 ans. Ne pouvant enfanter que dans une décennie, il espère secrètement qu’un malheur assoira définitivement son autorité et le couronnera Roi. Mais il ne s’arrête pas là. Il se propose de donner en mariage sa propre fille, Mademoiselle de Montpensier, au prince des Asturies. Un échange qui l’assura une gloire certaine. Madrid est enthousiasme et très vite les préparatifs sont effectués. L’échange entre la très jeune infante d’Espagne et l’adolescente taciturne qu’est Mademoiselle de Montpensier, se passe sans accro notable. Mais voilà tout ne se passe pas comme prévu. Louis XV délaisse l’infante, s’en désintéresse et ne semble, pas le moins du monde, éprouver une quelconque affection. Au contraire, la jeune infante brûle d’amour pour son roi, baigné d’illusion, conforté dans son doux rêve par sa cour et sa nourrice. Du côté de l’Espagne c’est aussi un échec, Mademoiselle de Montpensier ne respecte aucune règle, se refuse à son mari et enchaîne les scandales. La fabuleuse idée vire alors au cauchemar.

Un roman qui nous dévoile une stratégie historique avorté. L’enfance y est à la fois instrumentalisée et réinventée. Les jeunes protagonistes de ce récit, ne sont que des moyens de s’élever pour les hommes et femmes de la cours. Se pliant à leur moindre désir, les lovant dans leurs illusions ou les contraignants à leur volonté. Il n’en reste pas moins, que ces « hauts » hommes se servent de jeunes enfants pour assouvir une ambition malsaine. Deux jeunes princesses sacrifiés sans aucun regret. L’infante d’Espagne âgé de seulement 4 ans connaîtra le rejet, la solitude et le chagrin d’amour. Quant à Mademoiselle de Montpensier, elle finira délaissée. Deux destins brisés dés l’enfance, des jeunes filles sous l’autorité des hommes qui sont utilisées dans des jeux de pouvoirs qui les dépassent.


Mon avis : 

Un récit historique que,je dois le confesser, j’ai abandonné. Puis repris, puis remis de côté, pour enfin en finir ! J’ai eu vraiment du mal à aller au bout et pourtant, ce n’est pas ce qu’on peut appeler un gros livre. J’ai fait une pause assez longue, j’ai dû le mettre en attente pendant un an, il me semble. L’histoire d’emblée me semblait fort intéressante. Un échange protocolaire au seul service du désir d’un homme. Je voulais connaître ce pan de l’histoire, mais je n’en ressort pas plus grandit. On apprend certaines choses sur Louis XV, comme notamment sa préférence, plus que sous-entendu,  pour les hommes, et son enfance marqué par la mort. Il ne se passe rien de bien attrayant. Certes, c’est un roman historique qui ne relate que des faits, mais justement trop de faits à mon goût et peu de place pour l’imaginaire. La lecture est lente et peu dynamique. Le style soutenu et les longues phrases rajoutent de la lourdeur au récit. Je déplore notamment la répartition entre les deux princesses, on nous raconte plus les déboires de l’infante en France que celle de Mademoiselle de Montpensier. J’aurais aimé plus d’équité.

Cependant on découvre les mœurs de la cours, une cour d’apparence qui se cache derrière des illusions dont sera victime la naïve infante. Aucune personne ne la confrontera à la réalité, Louis XV l’aime lui assure-t-on, mentant goulûment pour obtenir ses bonnes grâces. Marie-Anne-Victoire m’a attristé avec ces poupées de porcelaine et son amour à sens unique. Mademoiselle de Montpensier, elle est scandaleuse, elle est contre ce mariage, n’est pas du tout à l’inverse de l’infante dans de bonne disposition. Elle représente la rébellion de l’adolescente, et cette liberté d’esprit interdite à l’époque. Cependant, on ne ressent que souffrance dans cet être délaissé et bafoué, il y a notamment un passage dur, quand on l’oblige à rester au chevet de son époux malade et contagieux. Rien ne leur est épargné. Mensonge, disgrâce, moquerie, reproche, désapprobation, isolement. Des enfants de bonne naissance à l’enfance brisée par les passions de leurs propres clans.

 

Pour synthétiser, je dirais que ce n’était pas une lecture des plus sympathiques, elle fut intéressante attention, mais elle m’a ennuyé dans bien des aspects. Je n’ai pas été conquise et pourtant j’aurais aimé.

Amateurs de moment historique, Qu’en avez -vous pensez ?

Mes sincères salutations tout de même !

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4 commentaires sur “Chantal Thomas, l’échange des princesses

  1. Pour ma part je garde un bon souvenir de cette lecture, mais tout est question d’humeur. Je me rappelle en avoir abandonné certaines, pour les reprendre quelques années plus tard et les dévorer ! Merci pour cette excellente chronique 🙂

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    1. Mais merci à toi pour le compliment ! J’avoue que sûrement ce n’était pas la bonne période pour le lire . Il n’en reste pas moins intéressant mais y a un manque de quelque chose. Un petit truk en plus qui m’aurait peut être fait prendre un peu lus de goût à l’histoire ^^ Tant mieux si il t’as fait passer un bon moment il n’est pas du tout mauvais ce livre, on ne s’est pas connus au bon moment lui et moi 😉 bisous !

      Aimé par 1 personne

  2. En roman historique j’ai adoré La part de flammes de Gaëlle Nohant, le style est sublime, l’imagination et les personnages grandiose, en plus c’est un livre féministe qui parle de femme pour les femmes. Celui ne me tente pas trop mais je suis curieuse quand même.

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    1. Je ne connaît pas mais pourquoi pas ça à l’air intéressant ! Je n’ai pas trop apprécié malgré un contexte intéressant, j’ai eu plus une impression de documentaire sur celui-là pourtant j’aime bien les livres historique mais là ça n’a pas marché !

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