Mes lectures

Le poids des secrets, Aki Shimazaki

C’est avec une pentalogie dans les bras que je reviens vers vous pour un nouveau billet de lecture ! Cinq romans qui nous emportent au Japon et nous présente des personnages rongés par des secrets sur fond de Seconde Guerre mondiale. Un cocktail émotif intéressant qui ne manque pas de poésie.

Aki Shimazaki est une auteure reconnue et à de nombreuses reprises sacrée au Canada.  Eh oui ! Cette Japonaise de sang s’est encrée chez nos charmants voisins canadiens. Ces romans, ce sont ses premiers écrits, sa première saga, ses premiers exercices pour apprendre notre langue. Et c’est d’autant plus bluffant. Certes, c’est avec une écriture simple que l’auteur nous invite à la découverte de ses secrets de famille, mais avec élégance et une certaine grâce dans les mots. Allant du roman d’expiation au roman en quête d’identité, la saga s’inscrit dans une ligne continue bouleversante.

Tsubaki 

Les confessions commencent avec la lente éclosion d’une fleur couleur de sang. Yukiko, mère et grand-mère peu bavarde arrivée au terme de sa vie laisse une lettre à sa fille. Cette lettre est une pierre dans un lac de plénitude. Yukiko survivante de la bombe atomique tombée sur Nagasaki emporte avec elle, non pas le traumatisme de cette catastrophe, mais la douloureuse culpabilité d’un meurtre. À 14 ans ce matin-là, Yukiko assassine son père tant affectionné. Pourquoi ce parricide ? Comment une telle chose à t-elle pu survenir et pourquoi ce si long silence ? En parcourant cet aveu épistolaire, sa fille va revivre la jeunesse de Yukiko, sa vie à l’usine et son premier amour d’enfance pour enfin découvrir l’affreuse vérité.

Hamaguri 

Hamaguri, un coquillage scellé, promesse lointaine obsèdent Yukio depuis quelque temps. Des souvenirs fugaces se rappellent à sa mémoire. Cinquante ans après la bombe atomique de Nagasaki, le père de famille se souvient d’une petite fille et de son père. D’une promesse et de son amour de jeunesse. Il se souvient maintenant, à sept ans mue par une intuition, il avait découvert la vérité. Cette petite fille si gentille qui jouait avec lui au parck n’était autre que sa demi-sœur et son père biologique. Il ne connaît pas leur nom sa mère à toujours garder le silence et lui a demandé d’oublier. Yukio pourtant n’a jamais oublié, n’a cessé de penser à eux, à même essayer de les retrouver en vain. Sa mère malade reste son seul espoir vers la vérité, ces silences parleront-ils à sa place ? Voici non pas la suite, mais l’histoire revue du point de vue du tendre amour de jeunesse de Yukiko.

Tsubame 

Mariko Takahashi à eu de la chance. Survivante au tremblement de terre de 1923 et à la bombe atomique de Nagasaki, elle regarde le monde avec des yeux nostalgique. Veuve depuis quelques années, elle se remémore son passé. Ce n’est pas la bombe atomique son fardeau, ni d’être tombé enceinte si jeune. Non son fardeau, c’est son identité. Qui est Yonhi Kim ? Petite coréenne disparus en même temps que sa mère et son oncle pendant le tremblement terre. Avec ce récit, nous découvrons un Japon ensanglanté, un Japon fautif renfermant dans ces racines, les restes oubliés de Coréens injustement massacrés. Un poids des origines porté comme une tare, une identité à jamais refoulé. Mais Mariko veut savoir, veut comprendre et se révélera alors à elle le plus grand secret de sa mère.

Wasurenagusa 

Monsieur Takahashi est un homme qui a eu une belle vie. Entouré de ses petits-enfants, de sa femme et de son fils, il a cependant un seul regret. Ne pas avoir fait la paix avec ses parents avant leurs morts. Ce personnage très peu développé dans les trois premiers tomes, nous apparaît au grand jour. Avec douceur, Kenji Takahashi se souvient comment il est tombé amoureux de Mariko. Elle l’a sauvé de la déprime, d’une domination parentale. Jeune divorcé à cette époque, Kenji subit les intrusions de ses parents dans sa vie intime. Il doit se remarier. Après tout, il est l’unique héritier de cette riche et noble famille. Cependant, Kenji, stérile, ne peut combler les désirs parentaux, contre leur avis, il se marie avec une femme aux « origines douteuse » et adopte son fils, née enfant naturel. Faisant fi des convenances et des traditions familiales. Ce roman met alors en lumière l’importance pour les Japonais de la lignée, de la place des femmes et des hommes au sein du foyer et s’interroge sur la perpétuation d’un nom.

Hotaru 

La boucle se termine, la saga s’achève en mettant en place un jeu d’écho avec le premier roman. Mariko n’a pas dévoilé tous ses secrets, au terme de sa vie, c’est sa petite fille Tsubaki qui va recevoir son ultime confession. Abusée pendant des années par un homme. Elle mue secrètement le désir de le tuer. Quelqu’un s’en chargera à sa place, sa jeune voisine. Ce jour-là, elle décide d’emporter avec elle ce secret et de n’en parler à qui que ce soit. Mais, un coquillage étroitement serré dans ses mains, elle se demande pourquoi sa jeune voisine a-t-elle assassiné son propre père ? S’en le vouloir en racontant son histoire, elle va donné une leçon et un conseil à sa petite fille. Un dernier roman construit en miroir qui clot avec brio la saga.

L’auteur nous raconte avec beaucoup de douceur, de grâce, de poésie et d’images fugaces, des secrets émouvants et intrigants. Sa plume court sur le papier comme une deuxième peau, facilitant sa lecture. Un style épuré et propre qui nous emporte dans les mœurs du Japon. Une saga aussi bien adaptée aux grands lecteurs comme aux petits !


Mon avis : 

Vous l’aurez dors et déjà compris, c’est un coup de cœur, des pouces en l’air, un postiche très vivement conseillé que j’attribue à cette pentalogie. J’ai aimé cette histoire racontée sur fond de l’Histoire. Ce thème des secrets révélé, cette plume gracieuse qui glisse sur le papier comme du lait en bouche. Construit sur des principes de flash-back, la lecture est fluide et on ne s’y perd pas. Des livres petits que l’on peut lire en une journée ! Pas besoin de beaucoup de pages pour dire l’essentiel et c’est ce tout le talent de Aki Shimazaki.

J’ai une préférence pour les tomes 3 et 4 qui sont plus profonds dans leurs thèmes à mon sens et qui m’on plus touché. Les personnages m’ont vraiment subjugué. J’aime Monsieur Takahashi pour son honnêteté, sa droiture et Mariko pour ses blessures qui la rend si bouleversante et qui force l’admiration pour son courage. Dans l’ensemble, les personnages sont tous très bien imaginés, développés, mis en situation. Je me suis rarement attachée à des protagonistes en si peu de pages (les livres font chacun 110 à 120 pages ).

Je finis ce billet par un petit remerciement tout particulier pour ma libraire ( Lignes d’horizon, Saujon) qui m’a conseillé avec beaucoup d’arguments et raisons, cette série magnifique. Alors n’hésitez pas ! Lisez – les ABSOLUMENT !

Cordialement vôtre !

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